E-Entraînement, E-Formation et Educ Pop 2.0

Espace de mutualisation pédagogique de formateurs du ministère des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

Leviers et freins au développement de la FOAD chez les formateurs


Un regard sur l'organisation du travail, le télétravail et l'impact des outils TIC

Contexte

Lorsque je présente la FOAD à des formateurs, je mets en avant les évaluations, par les stagiaires, des dispositifs de formation à distance. Les évaluations que j’ai produites montrent une double dualité :

  • Les difficultés d’organisation pour un stagiaire seul devant les consignes face au bénéfice d’avoir pu organiser le travail à son gré d’une part,
  • Les inconvénients liés à un usage d’outils TIC complexes face à l’acquisition d’une maîtrise de nouveaux usages liés aux TIC d’autre part.

Il y a un point que je ne prévoyais pas dans mes interventions et qui a fréquemment créé le débat avec les formateurs découvrant la FOAD : quelle modification dans l’organisation du travail pour le formateur/tuteur à distance est créée par cette modalité? Je vais donc dans cet article m’arrêter uniquement sur les leviers et freins au développement de la FOAD depuis le point de vue du référent pédagogique, et non selon le bénéficiaire lui même de cette modalité de formation, le stagiaire (point de vue abordé dans d’autres écrits).

Leviers pour le développement de la formation à distance

Avantages liés au télétravail pour le formateur

Pour les formateurs, enthousiastes de la FOAD et ayant déjà expérimenté la mise en œuvre de formation à distance, l’argument lié au télétravail revient le plus souvent. Il est d’ailleurs intrinsèquement lié à celui exprimé par les stagiaires. C’est un bénéfice lié à une organisation du temps de travail plus souple qui est mis en avant. La pratique de la formation à distance est fortement liée aux outils TIC, plateforme internet, ENT, messagerie asynchrone ou synchrone, c’est donc bien un aspect positif lié au télétravail qui est cité.

Si l’on admet ce parallèle, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les formateurs expriment cette satisfaction. En effet, les études sur le télétravail sont maintenant assez nombreuses et cette flexibilité « maîtrisée » est mise en avant par les travailleurs concernés. Afin d’illustrer ce propos, je citerai ici les éléments d’une étude de novembre 2009 sur le télétravail, « Le développement du télétravail dans la société numérique de demain1 »:

L’un des enjeux majeurs du développement du télétravail aujourd’hui est de donner une plus grande flexibilité du travail au salarié en lui permettant de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, par exemple, d’interrompre sa journée de travail pour aller chercher un enfant à l’école ou rendre visite à une personne âgée puis de reprendre son travail en soirée.

Avantages liés au télétravail pour l’organisme de formation

Un élément qui me paraît important car relevant aussi d’un bénéfice pour l’employeur est l’augmentation de la productivité ou efficacité liée au télétravail.

Je l’ai constaté personnellement, en tant que stagiaire en formation à distance avec le CAFOC2 ou professionnellement en télétravaillant un jour par semaine. Je réserve le travail de production (préparation de cours, ingénierie de formation, rédaction de projets…) à ces journées de travail depuis mon domicile. Outre le temps économisé dans les transports et l’évitement du stress des embouteillages, j’observe que des tâches qui nécessitaient deux à trois jours, avec des temps de travail entrecoupés au bureau, sont « bouclées » en quatre heures non-stop à la maison.

J’ai donc cherché des références qui me permettent de vérifier ce constat personnel. Je citerai ici deux exemples provenant d’une étude commandée par le premier ministre en 2005 : « Du télétravail au travail mobile : un enjeu de modernisation de l’économie française3 ».

Une expérience chez IBM :

Les enjeux de la mobilité chez IBM devait être portée à 50 % en 2005 et à 75 % avant fin 2006. Ils consistaient pour l’entreprise à créer une véritable dynamique d’entreprise, à augmenter la performance globale, et plus particulièrement :

  • à augmenter la productivité ;
  • à améliorer le service aux clients (réactivité, efficacité) ;
  • à améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et les conditions de travail pour retenir et attirer les meilleurs ;
  • à améliorer la flexibilité et le choix des horaires par l’employé ;
  • à réduire le coût des immeubles.

Et une étude d’un cabinet de consultants:

Selon l’étude de Cesmo Consulting, la hiérarchie des bénéfices cités par les entreprises ayant mis en place de nouvelles applications mobiles s’établirait comme suit (déclaratif, plusieurs choix possibles) :

  • 59 % de gain de productivité et de temps ;
  • 21 % d’accélération de la prise de décision ;
  • 9 % de réduction de coûts ;
  • 6 % d’amélioration de la satisfaction client ;
  • 5 % d’aide à la vente.

Ces deux exemples montrent bien que l’intérêt de la pratique du télétravail est d’abord la recherche d’un gain de productivité pour l’entreprise.

En développant la FOAD conjointement à des formes de télétravail, il y a donc un gain à envisager, notamment de production de supports numériques rediffusables, pour l’organisme de formation.

En sus d’un argument de confort pour le formateur, concilier contraintes privées et vie professionnelle, il y a bien un levier au développement des pratiques de FOAD. Ce levier est lié au télétravail avec ses possibles gains de productivité bénéficiant au formateur et à sa structure employeuse.

Et des freins liés au télétravail et aux outils techniques

Télétravail, volontariat et conditions matérielles

Le télétravail est légalement possible uniquement s’il s’instaure dans un volontariat commun salarié/employeur. L’accord national interprofessionnel de 2005 sur le télétravail4 précise en effet le cadre légal de la pratique du télétravail, avec un article sur le volontariat dès l’article 2, après avoir donné la définition suivante du télétravail :

Le télétravail est une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail et dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière. (…) Elle inclut les salariés « nomades » mais le fait de travailler à l’extérieur des locaux de l’entreprise ne suffit pas à conférer à un salarié la qualité de télétravailleur. (…)

Pour ceux qui pratiquent la formation à distance avec une plateforme internet, il me semble évident que l’étalement des productions des stagiaires dans le temps et la réactivité nécessaire du formateur (tuteur et animateur du module de formation) impliquent une pratique de télétravail, à moins de revenir en fin de soirée et le week-end au bureau.

Il me semble donc primordial de s’arrêter plus longuement sur cet accord interprofessionnel. En plus du volontariat, l’accord précise les conditions nécessaires à la pratique du télétravail. Il faut non seulement qu’il soit possible pour le formateur de travailler depuis chez lui, mais de surcroit, l’employeur doit fournir les conditions matérielles nécessaires :

Équipements de travail : L’employeur fournit, installe et entretient les équipements nécessaires au télétravailleur. Il prend en charge les coûts directement engendrés par ce travail (communications téléphoniques, connexion Internet, réparations…) et doit également fournir au télétravailleur un service approprié d’appui technique.

Le télétravail doit être contractualisé et ce de manière réversible, ce qui laisse au salarié le choix d’arrêter.

Pour bon nombre d’entre nous, formateurs du service public, il n’y a pas d’avenant possible mais notre statut (Professeur de sport, CEPJ ou Chargé de mission) permet une organisation de travail non soumise à horaire, une gestion annualisée dans le cadre d’une lettre de mission. Donc le statut permet le télétravail mais cela n’enlève pas cette clause de volontariat nécessaire. Par contre, en ce qui concerne les moyens pour le travail nomade et le télétravail plus généralement, il y a peu de moyens prévus, limités en général à un ordinateur portable sans connexion itinérante. Excepté quelques CTS dans certaines fédérations, je connais peu de collègues pouvant disposer d’un support technique à distance. En ce qui concerne les environnements numériques de travail ou bureau nomade, combien d’entre nous utilisent des palliatifs, moyens techniques contractés de manière individuelle, comme Gmail, Googledocs, Skype, Dailymotion, Dropbox… Ces outils permettent de récupérer son environnement de travail depuis n’importe quel terminal connecté, avec souvent une connexion personnelle (3G ou Internet du domicile). Les frais de communication et d’achat de terminaux connectés (ordinateur, téléphone portable ou smartphones) montent rapidement entre 50 et 100€ par mois sur le budget personnel du formateur ce qui n’est pas sans interférence sur les motivations.

Des aspects techniques contraignants

Le premier aspect contraignant est de vérifier que les formateurs maitrisent les usages courant liés à la plateforme internet. Pour moi, il est aussi important que le système utilisé ne soit pas trop fermé, qu’il permette d’intervenir rapidement sur des tâches d’administration, tel que l’inscription rapide d’un stagiaire sans avoir recours à l’administrateur de la plateforme. C’est bien là un point crucial lié à la technique. Les outils techniques doivent s’adapter à la pratique des formateurs et pas seulement l’inverse. Comme il est illusoire de penser que l’on peut développer des outils adaptés à tous, le recours à des outils externes permet souvent de débloquer rapidement des situations problématiques. Je citerai ici l’exemple de Dropbox qui permet de retrouver des documents synchronisés depuis n’importe quel terminal connecté et évite de transporter des fichiers sur des clés USB. En effet, mélange de versions, perte de fichiers et autres avatars liés à des conditions techniques désuètes se révèlent être des freins à un développement de pratiques de formation à distance.

Une flexibilité du temps de travail imposée par une pratique

Comme je l’ai dit plus haut, l’accord interprofessionnel de 2005, précise que le télétravail s’inscrit dans une démarche volontaire. La flexibilité du temps de travail engendrée par les pratiques de FOAD doit se faire aussi de manière volontaire avec un temps d’information clair au préalable sur cette nouvelle forme d’organisation du travail. De manière pragmatique, l’accord précise que dans le cadre de la protection de la vie privée, le salarié peut définir des plages pendant lesquelles il est joignable par son employeur. Donc en FOAD, il faudra avoir recours à une forme de contrat avec les stagiaires, un cadre définissant sous quel délai vous répondez aux sollicitations asynchrones et des périodes où vous êtes joignables en communication synchrone.

Réflexion sur une mutation du travail

Le télétravail bouscule notre culture du travail

Je vous propose ici de citer deux autres extraits du rapport de novembre 2009 « Le développement du télétravail dans la société numérique de demain ». Un premier extrait sur les aspects fondamentaux de l’organisation du travail :

Néanmoins, le télétravail ne constitue pas le remède miracle. En particulier, il remet en cause trois aspects fondamentaux du travail salarié et de manière plus générale le Code du travail :

  • l’employeur d’un salarié, voire son supérieur hiérarchique direct, peuvent se trouver sur un autre continent, à des milliers de kilomètres de distance. Dès lors, c’est la notion de subordination et surtout ses modalités qui se trouvent profondément modifiées, en particulier pour les « travailleurs du savoir ». Cette subordination peut aussi bien diminuer que s’accroître pour prendre la forme d’une « télédisponibilité généralisée » ;
  • la notion de temps de travail est remise en cause, notamment par le débordement du travail sur la sphère privée. Surtout, ce sont les modalités de contrôle du temps de travail qui sont remises en cause, bien que les outils technologiques peuvent assurer un contrôle très précis et détaillé ;
  • les TIC peuvent affaiblir les collectifs de travail, par la constitution de réseaux multiformes, horizontaux et transversaux, introduisant parfois une porosité entre l’espace de l’entreprise et d’autres communautés de travail ou de non-travail.

Et un extrait sur les TIC :

Le télétravail apparaît davantage susceptible d’entraîner des situations de stress,(…) D’autant que les TIC sont eux-mêmes porteurs de stress5, en particulier le téléphone portable, les messageries électroniques et les smartphones, et que ces deux dimensions s’articulent souvent. Pour certains sociologues, ces nouveaux outils6 constituent une « chaîne invisible » et marquent un asservissement aussi fort que celui enduré par l’ouvrier des Temps modernes de Charlie Chaplin.

Ce deuxième extrait souligne que non seulement le télétravail bouscule une culture française du travail et les relations sociales engendrées, mais aussi implique une intrusion d’outils techniques dans les relations citées précédemment. Il est alors primordial de réfléchir à l’impact de l’utilisation des outils TIC omniprésents dans les pratiques de FOAD.

Approche philosophique et pédagogique de l’outil technique

Pourquoi accorde t on tant d’importance à l’outil? On dit fréquemment que l’outil est second, mais le débat à tendance à s’embraser quand le sujet est de choisir un outil tel une plateforme internet de FOAD. Un élément de réflexion peut se trouver dans un ouvrage de Michel Onfray, « De l’âge des cavernes à celui d’internet, la technique agit toujours en instrument de domination d’un groupe sur l’autre7 ». L’utilisation d’outils techniques n’est pas neutre, et ne peut pas l’être. Il faudrait maîtriser les outils en conscience de cette potentielle domination inhérente à l’outil même, sachant qu’à un moment ils permettent d’instaurer un diktat. Pour comprendre les relations de l’outil avec le sujet qui les utilise, et par là lutter contre l’instauration d’une domination de l’outil sur l’homme, je m’appuierai sur les travaux de Bernard Stiegler qui présente une approche fondamentale de la technique, notamment à travers le manifeste 2010 de l’association Ars Industrialis, « Manifeste pour une politique industrielle des technologies de l’esprit8 ».

Il serait dangereux justement d’écarter les outils de nos réflexions, en laissant une opposition stérile entre technophiles et technophobes dans nos organismes. L’introduction des TIC dans la relation pédagogique peut être source d’innovation mais ne la garantit aucunement. Il faut donc entretenir une vigilance permanente à chaque fois qu’est proposé un nouvel outil. Je prendrai ici un exemple simple, la prolifération des « powerpoints9 » vu comme une innovation pédagogique alors qu’il ne relève souvent que d’une béquille, transcription linéaire d’un contenu, pour l’intervenant. A contrario, un outil comme « Prezi10 » propose une transposition spatiale d’un schéma de pensée accompagnée de multiples navigations qui permet une compréhension du mécanisme de pensée de l’auteur-intervenant.

Les outils techniques liés aux TIC rendent possible aujourd’hui des actions improbables vingt ans plus tôt. A l’image d’un smartphone (tel Iphone ou Googlephone), nous avons aujourd’hui dans la poche un studio de production directement relié à des outils de diffusion comme Dailymotion, Twitter ou WordPress. A l’image de la main qui est bien plus qu’un simple outil, matérialisant l’intelligence de l’homme11, les outils TIC sont des supports d’externalisation de la mémoire gigantesque12, comme le fut l’imprimerie de Gutenberg, ou peut être plus encore. Aussi, laisser l’exploitation des TIC au profit d’une industrie culturelle induit le risque d’un « dévoiement de ces technologies comme instruments de contrôles des comportements13 ». Ne pas s’approprier les outils TIC, demeurer dans une réflexion technophobe, serait, selon Bernard Stiegler, équivalent à abandonner la cité grecque aux sophistes14. Ces propos font écho à un ouvrage de Gilbert Simondon, « Du mode d’existence des objets techniques15 », où l’objet technique, à la manière des métiers dits manuels, est refoulé dans notre culture. L’objet esthétique jouit d’une aura au détriment de ce dernier et de ceux qui le manipulent, ce qui entraîne des comportements excessifs et potentiellement dangereux (« Big brother16 » ou « Don’t be evil17 » de Google). Tout le monde doit s’emparer de l’outil. L’utilisation de la FOAD ne peut se limiter à quelques formateurs-techniciens, spécialistes devenant dominateurs par la norme qu’ils imposeront nécessairement. Il faut que chacun s’en empare, pour la réfléchir, se l’approprier, la limiter ou l’étendre… en faire usage raisonné.

Conclusion

Après avoir fédéré les collègues enthousiastes autour de la pratique de la FOAD, il est à mon avis nécessaire de balayer l’ensemble des leviers et freins liés à cette pratique de formation. Les points que j’ai abordés dans cet article ne sont pas exhaustifs. Ils peuvent servir de base à un débat sur l’impact de l’utilisation de la formation à distance par le formateur. Un impact qui porte à la fois sur l’organisation de son travail dans le temps et l’espace social, mais aussi sur l’intégration et l’appropriation des outils TIC tels que les plateformes internet et les outils s’agrégeant aux pratiques de formation et de production à distance.

Ce débat est un préalable au développement qualitatif des pratiques de formation à distance, ensuite peuvent être abordés des objectifs plus séduisants. Suite à l’analyse de contextes particuliers, je suis intimement convaincu que le déploiement de la FOAD représente l’opportunité d’une réflexion collective sur de nouvelles formes d’apprentissages liées à l’expérience de terrain.

1Rapport Public; Le développement du télétravail dans la société numérique de demain, FERHENBACH Jérôme, GRANEL Frédéric, DUFORT Damien, KLEIN Tristan, LOYER Jean-Loup; FRANCE; Centre d’analyse stratégique; 30/11/2009; http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=1083

2CAFOC: Centre Académique de Formation Continue

3Rapport Public; Du télétravail au travail mobile : un enjeu de modernisation de l’économie française, MOREL-A-LHUISSIER Pierre; FRANCE; Premier ministre; 09/11/2006; http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000819/

4L’accord national interprofessionnel sur le télétravail, signé le 10 juillet 2005 par l’ensemble des partenaires sociaux, et étendu par un arrêté du 30 mai 2006, transpose dans le droit français l’accord-cadre européen du 16 juillet 2002 sur le même sujet. http://www.journal-officiel.gouv.fr/pdf/bocc/20050049/CCO_20050049_0049_0018.pdf

5Nathalie Colombier, Ludivine Martin et Thierry Pénard, « Usage des TIC, conditions de travail et satisfaction des salariés », Réseaux, n° 143, 2007; Silva et Hugon, 2009, op. cit., notamment sur le stress occasionné par l’avalanche de courriers électroniques.

6Jean-Pierre Durand, La Chaîne invisible, Paris, Seuil, 2004.

7Michel Onfray, in Antimanuel de philosophie, édition Bréal 2001. A parcourir sur http://books.google.com/books?id=i6BVcAOOSewC&lpg=RA1-PT82&ots=vyP-h9d_yt&pg=RA1-PT40#v=onepage&q&f=false

9Powerpoint est une marque déposée, critique de cet usage : « La pensée PowerPoint, Enquête sur ce logiciel qui rend stupide », Frank Frommer, Editions La Découverte, Collection: Cahiers libres ou encore « En avez-vous assez des présentations PowerPoint? » par Nicolas Esposito, UTC de Compiègne, octobre 2010, http://www.itrmanager.com/articles/110880/avez-presentations-powerpoint-nicolas-esposito-utc-compiegne.html

10Outils de présentation à voir sur http://prezi.com

11voir Aristote, « Les parties des animaux »

12Extrait du Manifeste 2010 d’Ars industrialis: « Face aux possibilités inouïes ouvertes par la numérisation, le monde entier revendique sous les noms de sociétés de savoirs ou d’économie de la connaissance l’avènement d’un nouvel âge. Mais le numérique, qui est un pharmakon, peut tout aussi bien aggraver la prolétarisation généralisée qu’y mettre un terme. Tel est le problème politique aussi bien qu’économique autour duquel se joue l’avenir du monde – à une époque où un « réseau social » numérique, Facebook, est devenu la troisième agrégation mondiale d’individus humains avec cinq cent millions de membres au mois de juillet 2010. (…) Une politique éducative, scolaire et universitaire, qui tire pleinement parti des nouvelles formes d’hypomnémata au service de l’enseignement non pas pour prolétariser encore plus les citoyens, comme on peut avoir mille raisons de le craindre avec certains projets de numérisation des espaces du travail scolaire, mais pour réagencer étroitement le savoir accumulé à travers l’écriture avec ces nouvelles formes d’écritures que sont les hypomnémata numériques – nouvelles formes de pharmaka et donc de poisons face auxquelles les digital natives, mais aussi leurs parents et leurs professeurs, sont aujourd’hui la plupart du temps abandonnés aux mains d’un marché qui se les approprie sans limites à défaut d’une quelconque politique publique ; (…) »

14Bernard Stiegler le 3 octobre 2010, lors de l’émission La place de la toile sur France Culture : http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-entretien-avec-bernard-stiegler-2010-10-03.html

15Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, 1958.
Voici l’extrait comparant objet esthétique et objet technique : « La culture est déséquilibrée parce qu’elle reconnaît certains objets, comme l’objet esthétique, et leur accorde le droit de cité dans le monde des significations, tandis qu’elle refoule d’autres objets, et en particulier les objets techniques, dans le monde sans structure de ceux qui ne possèdent pas de signification, mais seulement un usage, une fonction utile. Devant ce refus défensif, prononcé par une culture partielle, les hommes qui connaissent les objets techniques et sentent leur signification cherchent à justifier leur jugement en donnant à l’objet technique le seul statut actuellement valorisé en dehors de celui de l’objet esthétique, celui de l’objet sacré. Alors naît un technicisme intempérant qui n’est qu’une idolâtrie de la machine et, à travers cette idolâtrie, par le moyen d’une identification, une aspiration technocratique au pouvoir inconditionnel. Le désir de puissance consacre la machine comme moyen de suprématie, et fait d’elle le philtre moderne. »

16En référence à Big Brother personnage de fiction du roman 1984 de George Orwell. L’expression « Big Brother » est utilisée pour qualifier toutes les institutions ou pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations ou des individus.

17En référence au slogan affiché de l’entreprise Google, slogan ayant créé des polémiques surtout après les épisodes de Google en Chine… (voir sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Google#cite_ref-106 )



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6 réponses à “Leviers et freins au développement de la FOAD chez les formateurs

  1. Pascal Choteau janvier 10, 2011 à 2:33

    Salut à tous,
    Un petit mot pour expliquer ce post un peu long, posé juste après la digestion du réveillon!! En fait, c’est un texte qui est une base de réflexion pour préparer une intervention sur la FOAD avec les collègues participant à la formation initiale statutaire (et donc je pensais à toi Olivier qui est aussi concerné par l’utilisation de Techné au CREPS de Poitiers). Lors du dernier conseil pédagogique, nous avons discuté sur les raisons qui faisaient que certains utilisaient ou non des temps de formation à distance via Techné… Et lors de notre discussion, c’est peu l’intérêt pédagogique qui a été remis en question, mais plutôt la manière d’inclure ce dispositif dans son emploi du temps, accompagné des contraintes techniques. D’où ce texte et ma réflexion placée du côté uniquement du formateur…. et donc si vous avez des commentaires je suis preneur…
    A bientôt,
    Pascal

    • Olivier Lerouge janvier 12, 2011 à 11:17

      Salut,
      et happy new year !
      Je trouve ton article très intéressant… certe long pour un article de nouvelle année mais super intéressant. Pour ma part, j’ai du mal à quantifier le temps que je passe lorsque j’investi les TICE pour accompagner un dispositif de formation ou développer de la FOAD. J’y trouve principalement un intérêt de mutualisation pour les différents acteurs intervenants dans les dispositifs (stagiaires, sportifs, formateurs, entraîneurs, personnels administratifs, internautes, etc…) et de fait j’apprécie l’unité de lieu que constitue ces environnements numériques. Cela peut permettre de gérer des absences de profs si les collègues prennent le temps de constituer une base de données, une main courante associée à leur intervention. Cela permet également de centraliser les échanges avec les différents groupes, générer de l’émulation, respecter les rythmes de chacun, favoriser la continuité de la formation… Cela permet également je crois une certaine forme de décloisonnement ou en tout cas de gérer assez facilement l’ouverture ou la fermeture des espaces de formation… A titre d’exemple, ce matin un collègue qui a un statut de formateur visiteur sur l’environnement du DESJEPS me skype suite à un doc aéro hydro dégoté par un stagiaire sur le net… Il me dit qu’en le parcourant rapidement, il a pointé quelques erreurs et me demande s’il peut intervenir… Bien évidemment qu’il peut intervenir ! voire même on peut imaginer proposer une activité du type « Chercher l’erreur » autour de ce document qui fait qd même une trentaine de page !
      Je relie pas sinon, je vais passer trois plombes à produire ce commentaire.
      Ceci-dit, à la lecture de ton article, je me suis demandé si tu avais eu l’occasion de voir la conférence de Michel Serres sur la révolution numérique et celle de Pierre Bellanger sur la communication sur internet… c’est très intéressant et je crois que tu retrouveras certaines de tes analyses dans leurs propos :
      Serres : https://reseaufoad.wordpress.com/2010/01/22/%C2%AB-les-nouvelles-technologies-nous-ont-condamnes-a-devenir-intelligents-%C2%BB-michel-serres/
      Bellanger : https://reseaufoad.wordpress.com/2010/01/22/pierre-bellanger-communiquer-sur-internet-quand-on-a-quelque-chose-a-vendre/

      Enfin, la question des outils utilisés en formation n’est pas simple je crois et de plus en plus on sert sur l’ENVSN de Spiral + d’autres outils type dartfish TV, zohosheet depuis peu… Bref, une bonne plateforme pour moi est celle qui permet :
      – la mutualisation des ressources entre les acteurs de la formation,
      – une gestion fine des droits d’accès,
      – au formateur de gérer et développer son environnement comme il le souhaite sans avoir besoin d’appeler un webmaster ou un quelconque administrateur
      – de produire des ressources et d’agréger d’autres environnements numériques
      – la récupération des données pour les intégrer sur d’autres plateformes si nécessaire… (c’est notamment ce que j’aurai aimé pouvoir faire entre spiral et techné pour des quizzs notamment mais malheureusement je crains que les deux plateformes n’utilisent pas les même normes…)
      Donc voili voilo pour un premier commentaire
      A+

      • Pascal Choteau janvier 14, 2011 à 5:51

        Salut Olivier,
        Quand je lis ton commentaire, cela me fait penser au plaisir de travailler au sein d’un collectif, de formateurs, mais aussi d’intervenants ou autres collègues et surtout de stagiaires et d’anciens stagiaires. La plateforme internet est un lieu beaucoup plus ouvert qui permet effectivement ce types d’échanges. A un momment, sous le poids des taches administratives liées à la coordination de la formation, j’avais l’impression de travailler seul. La FOAD m’a permis de reprendre un travail collectif avec son lot de confrontations, conflictuelles parfois, pendant lesquelles on bouge les lignes…
        Tu parles aussi de l’unité de lieu que propose ces environnements numériques. C’est un constat qui s’oppose à un des reproches les plus récurrent à la mise en place de formation à distance qui ferait disparaitre le face à face pédagogique. Le face à face pédagogique est selon la norme AFNOR sur la formation une « Situation dans laquelle le formateur et le (ou les) apprenant(s) sont présents et en interaction pédagogique ». En fait, avec les sessions à distance ce sont des temps de présence dans un espace physique qui disparaissent. Si l’on considére que l’espace numérique est aussi un lieu physique ou l’on se connecte, ou l’on écrit, ou l’on parle, cette unité de lieu proposée renforcerait donc le face à face à pédagogique en le prolongeant dans le temps et dans un espace plus ouvert que la salle de cours. C’est donc à mon avis une évolution de la norme cité ci-dessus et en aucun cas une disparition du face à face pédagogique que nous développons.
        Partages vous cet avis?
        a+ et une chouette année à tous (promis avec des textes plus courts sur la digestion post réveillon!!)

      • Pascal Choteau janvier 16, 2011 à 9:29

        Je viens de regarder la conférence de Michel Serres, quelle clareté dans le propos et quelle analyse!!! J’avais écouté une conférence plus ancienne où sa réflexion commençait à prendre forme: changement de référentiel de l’adresse et révolution par l’externalisation de la mémoire… sur ce sujet, j’ai mis un lien dans mon article sur une émission avec Bernard Stiegler (Bernard Stiegler le 3 octobre 2010, lors de l’émission La place de la toile sur France Culture : Place de la toile: Bernard Stiegler; c’est un peu plus brouillon, mais son analyse sur les changements provoqués par l’externalisation de la mémoire porte à réfléchir. C’est moins optimiste que le propos de Michel Serres dans le sens où certains savent l’exploiter (notamment commercialement), alors que le monde de l’éducation est encore loin de porter une vrai réflexion , ne serait ce qu’une réelle exploration…
        A+ et merci pour les liens (à cause de toi j’ai raté téléfoot!!!)

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