E-Entraînement, E-Formation et Educ Pop 2.0

Espace de mutualisation pédagogique de formateurs du ministère des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

Intervention d’Annie Lambert-Milon, le Ministère des sports et la FOAD


Intervention d’Annie Lambert-Milon – Chef de bureau C2 – Sous direction emploi/formation – Coordination des certifications et du service public de formation – Ministère des sports Mardi 15 novembre 2011 à l’ENVSN lors du stage PNF FOAD du 15 au 17 novembre

Le bureau DSC2 gère la mise en œuvre des formations et des certifications des diplômes du sport et de l’animation socio-culturelle . Il a aussi en charge le suivi de la mission M2 formation des établissements publics nationaux (EPN).

Objectif de l’intervention : partager les réflexions en cours sur les activités FOAD à partir d’une pratique professionnelle afin de faire émerger des pistes d’interventions ou de résolutions des problématiques.

Il n’y a pas à ce jour de déclenchement national d’un schéma d’intervention sur la question de la FOAD,mais un intérêt grandissant vis-à-vis du sujet qui nait, il faut le reconnaître, de la pression des acteurs qui sont de deux types :

  • les établissements, CREPS, écoles et INSEP qui les premiers ont porté les questionnements autour de la FOAD dans le haut niveau comme dans la formation.
  • les DRJSCS (autorité académique), qui se trouvent confrontées lors de l’habilitation à des propositions d’organismes de formation (OF) qui utilisent la FOAD.

FOAD et EPN :
La problématique de la FOAD a été posée au plan national par les établissements d’abord, notamment lors des dialogues de gestion organisés pour établir les contrats de performance. La question de la FOAD apparaît alors à la fois au niveau des missions liées au sport de haut niveau et de la formation.
En général, la première remontée est formulée en terme économique, et est alors abordé le problème du coût induit par le développement de la FOAD. La légitimité de son utilisation est toujours appuyée sur une argumentation basée sur la facilitation de l’apprentissage (sur les deux champs, sport de haut niveau et formation).
Il y a eu une période de focalisation des établissements sur le choix d’outil à opérer entre Sporteef ou Spiral. C’est finalement un débat faussé quand on n’appréhende pas les contenus et activités qui doivent passer par ces tuyaux (ou outils).
Il est fait généralement appel à de nombreux termes : FOAD, e-learning, TICE ou autres qui tendent à montrer qu’il y a peut-être aussi une grande diversité de pratiques. Les établissements présentent effectivement des entrées différentes dans l’appréhension des TIC au service de la formation ou du suivi des sportifs de haut niveau, de l’enrichissement de la formation en présentiel à de nombreuses autres utilisations.
Trois types d’utilisation se dégagent :

  1. offrir des outils d’accompagnement à l’apprentissage : ils représentent la majorité des présentations faites au Ministère. Ils sont mis en avant comme environnement enrichi à la formation présentielle. Il n’en découle aucun impact direct sur l’organisation de la formation ou de la certification et ils apparaissent donc comme non “indispensables” aux formations mais comme une valeur ajoutée souvent dépendante uniquement de la bonne volonté du formateur.
  2. permettre l’autonomie de l’apprenant : le contenu est disponible tout le temps, avec le choix de s’y reporter ou pas, en complément du présentiel. Là encore l’implication du formateur est importante pour le développement.
  3. guider à distance l’apprentissage : Vrai parcours de formation avec un chemin tracé et contrôlé par le formateur. Cela demande une organisation plus importante d’une équipe intégrant des formateurs ainsi qu’une équipe technique. Ce schéma là pose fortement la problématique du financement mais aussi celle de la stratégie de l’EPN en matière de formation;

Malgré un intérêt manifeste force est de constater que le Ministère n’a pas pris jusque maintenant de position : cela est considéré comme relevant de choix pédagogiques ou stratégiques des EPN ; cependant, le développement dans le troisième type d’intervention va impacter et transformer les pratiques de formation. Le Ministère risque d’avoir à trancher sur un certain nombre de principes.

Remarque Olivier Lerouge : Le présentiel enrichi n’est pas un simple ajustement de la formation puisqu’il génère de nouvelles compétences pour les formés sur des domaines transversaux.

Peut-être mais il faut bien se rendre compte que du point de vue de la centrale ou des DRJSCS qui habilitent les formations, ces pratiques ne remettent pas en cause les rubans pédagogiques, les organisations spatiales ni temporelles.

FOAD et DRJSCS :
Les DRJSCS ont assimilé les dispositifs FOAD comme des dispositifs de formation à part entière et donc n’ont pas fait remonter de problématiques particulières à la centrale. Ils sont considérés comme des outils pédagogiques choisis par les OF, une valeur ajoutée ou un service supplémentaire apporté aux candidats.
C’est plutôt à partir du développement des formations de niveaux III et II (DE et DESJEPS) que les interpellations de la centrale sur la FOAD se sont multipliées : il semble que sur le niveau IV le présentiel soit fortement conservé (on se retrouve plutôt dans un modèle 1 ou 2). Les recrutements inter régionaux ou nationaux pour construire une cohorte, le regroupement de plusieurs disciplines (DE multiples) pour amortir économiquement une session, et la nécessité de développer l’individualisation des parcours au regard des contraintes professionnelles et de l’expérience des stagiaires ont imposé le recours plus fréquent à la FOAD sur le modèle 3 évoqué ci-dessus.
Le questionnement des DRJSCS commence à remonter à la centrale à propos de l’habilitation de DE ou DESJEPS qui ne présentent plus dans les dossiers d’habilitation que un ou deux regroupements physiques. Le Ministère précise alors aux services que dans ce cas il n’y a aucun texte contraire à ce recours à la formation à distance au sein de notre réglementation (pas de programme pré établi, pas de modalités imposées sinon l’alternance, individualisation des parcours possible voire prônée…) et que ces modalités de formation sont encadrées par des textes (dès 2001, cf circulaire DGEFP*).

FOAD : vers un renouvellement de la formation ?
L’évolution plus générale des mentalités, des modes de vie, des technologies, du rapport au savoir dans la société, font que :
l’on fait appel aisément à des technologies,
l’apprenant demande à être acteur de sa formation,
on attend une adaptation et une souplesse plus grandes face aux contraintes nouvelles liées à l’économique ou à l’organisation du travail. Dans ce paysage, il ne faut pas en effet, oublier les contraintes posées par les employeurs en rapport au temps libéré pour son salarié, avec une évolution marquée vers des temps négociés individuellement.
La formation professionnelle est impactée par cette évolution aussi. La FOAD répond bien à cette évolution générale.

Remarque Vincent Morachini : La FOAD n’est pas une problématique nouvelle, les dispositifs d’alternance existent depuis plus de 40 ans et l’alternance et forcement à distance de l’organisme de formation.

Ce qui est nouveau c’est l’échelle plus globale de la prise en compte de ces dispositifs de formation. Il y a besoin de rendre visible la multitude des initiatives locales qui tentent de répondre à ces évolutions générales de la formation professionnelle, pas dans un objectif de normalisation de ces pratiques, mais plutôt de montrer que la norme est en train d’évoluer.

Remarque Bernard Bousigues : Est ce que pour avancer il ne faudrait pas dissocier les réflexions sur la FOAD dans le champ du sport de haut niveau d’un côté et de la formation professionnelle de l’autre. Sur le haut niveau on observe une création de ressources qui sont déjà existantes, d’où une interrogation sur les investissements financiers.
Dans le collectif qui suit les stages FPC autour de la FOAD (et notamment sur le blog E-formation et E-entraînement), la problématique des outils a été dépassée pour se porter en premier sur l’innovation pédagogique possible pour répondre aux problématiques particulières de chacun.

Remarque Pascal Choteau : Séminaire FOAD en 2004 organisé par le Ministère à Châtenay Malabry, une vision de 10 heures de préparation pour scénariser 1 heure. Le collectif à démontré que dans des formations centrées sur l’activité et l’acquisition de compétence ce quota n’existe pas forcement, par contre l’accompagnement de l’alternance en formation prend du temps. Est ce qu’on peut s’appuyer sur les collègues en DD et DR ?

Il ne semble pas pertinent voire opportun de créer des référents supplémentaires en DR ou DD, mais plutôt de faciliter le travail territorial en rendant visible et accessible le travail produit en FOAD, de constituer et d’enrichir un réseau et par exemple de s’appuyer sur un réseau tel que celui présent ici.

Les enjeux :
Ils sont culturels, économiques et sociaux
L’évolution de la conception des formations: la relation à l’écran fait partie du quotidien, on a besoin de réactivité, d’adaptation fine aux besoins…
l’émergence de l’apprenant acteur de sa formation. La nécessité d’avoir un apprenant plus actif dans sa formation ayant besoin de plus de souplesse, exigeant des contenus adaptés à sa problématique dans une formation plus ancrée sur son propre rythme…
L’évolution économique : le souci de la prise en charge des formations. La FOAD peut permettre de réduire les coûts de formation pour le stagiaire. Peut augmenter la masse de bénéficiaires sur le territoire…Peut permettre d’amortir l’ingénierie…
L’évolution du mode de vie de la société : l’accès aux technologies est plus intuitif.
La prise en compte du besoin de l’employeur et des contraintes liées à l’organisation du travail.

Quoi faire ?
La première difficulté pour avoir une réflexion nationale provient des acteurs, qui ont une entrée ou sur le haut niveau ou sur la formation professionnelle, avec des demandes très différentes.
Cependant, en ce qui concerne la formation, le Ministère est convaincu de la nécessité de réguler au plan national certains aspects en relation avec l’apprentissage, la problématique de l’accompagnement, les normes de pourcentage entre le présentiel et le distanciel…

Comment ?
Quelques pistes sont abordées :

  • Rendre visible le réseau FOAD au niveau des DR et des établissements publics. La FOAD peut être une réelle opportunité de créer le réseau des établissements.
  • Ajouter un chapitre “outils technologiques au service de la formation“ dans le mémento à destination de tous les responsables de service formation dans les établissements, chapitre qui pourrait être porté à la connaissance des pôles formation certification des DRJSCS.
  • Créer un groupe de travail autour de la démarche pédagogique: recensement des pratiques FOAD (outils utilisés) dans les différents établissements du ministère.

Interview vidéo de Annie Lambert-Milon, synthèse de son intervention:

cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Lien vers la captation vidéo de la matinée: http://www.ustream.tv/recorded/18532205

*Circulaire ministérielle DGEFP n°2001/22 du 20 juillet 2001, relative aux formations ouvertes et ou à distance. Elle a pour objet de préciser les obligations des prestataires de formation et l’imputabilité des dépenses sur l’obligation de participation des employeurs dans le cadre de mise en œuvre de formations ouvertes et ou à distance. Cette circulaire propose une définition de la FOAD: « Une formation ouverte et/ou à distance, est un dispositif souple de formation organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, entreprises, territoires). Elle comporte des apprentissages individualisés et l’accès à des ressources et compétences locales ou à distance. Elle n’est pas exécutée nécessairement sous le contrôle permanent d’un formateur ».

3 réponses à “Intervention d’Annie Lambert-Milon, le Ministère des sports et la FOAD

  1. Olivier Lerouge novembre 24, 2011 à 1:14

    Pour reprendre la remarque que j’ai faites, de mémoire, il s’agissait également de dire que l’utilisation des TICE et des environnements numériques comme moyen d’enrichir les temps de formation en présentiel transformait le présentiel… En effet, quoi qu’il arrive, l’utilisation des ENT, réseaux sociaux, du web 2.0 au sein de nos dispositifs de formation ne sont évidemment pas neutre; il ne s’agit pas uniquement d’un « plus » à la démarche de formation.
    Dans le cas de l’UC3 du DESJEPS voile de l’ENVSN où nous utilisons ces technologies comme ressources pour la formation, je pense que le fait que les stagiaires aient à disposition des bases de données thématiques organisées nous conduit à favoriser en présentiel les échanges de pratiques, les débats, des tp, etc… en faisant référence aux bases de données auxquelles les stagiaires ont accès pour approfondir « théoriquement » les questions qui émergent… Ce qui parfois cré de la frustration chez le stagiaire mais personnellement, je crois que la frustration, dans une certaine mesure bien entendu, fait partie de l’apprentissage.
    Je disais également (toujours de mémoire) que les TICE nous permettaient de préparer les temps de formation en présentiel (mise à disposition des ressources utiles à la séquence de formation, proposition voire construction collective du programme des séquences en présentiel, travaux préparatoires, évaluation en ligne des séquences de formation, etc…), de favoriser les échanges entre stagiaires, mutualiser les productions (utilisations des wikis et des blogs notamment), et d’essayer d’assurer une plus grande continuité dans la formation en proposant à distance des activités autour des thématiques travaillées en formation…
    Enfin, au delà de la plateforme elearning de l’ENVSN, nous utilisons également les outils disponibles sur le net (facebook, twitter, wordpress, dailymotion, youtube, slideshare, skype, google+, etc…). Je crois que nos environnements numériques de formation doivent être ouverts sur le net et ne doivent pas enfermer les stagiaires dans une approche souvent trop transmissive des connaissances et des savoirs. Certes, ce n’est pas toujours très rassurant pour les formateurs d’ouvrir les espaces d’apprentissage mais dans l’UC3 du DESJEPS notamment, on essai de concevoir l’environnement numérique de cette formation comme un agrégateur des échanges, des travaux collectifs, des ressources et de mon point de vue, elle constitue le portail « privé/public » de la formation (https://reseaufoad.wordpress.com/2011/01/07/partie-entrainement-du-desjeps-de-lenvsn-un-espace-publique-pour-sinformer/).
    Pour finir, une petite vidéo à voir ou à revoir : « les citadelles du savoir » par Lebrun et Batier où le rôle du prof numérique est en partie présenté :http://www.dailymotion.com/video/xbqyx0_citadelle-du-savoir_school

    • Pascal Choteau novembre 24, 2011 à 9:08

      A la lecture de ton commentaire, et la réponse faite par Annie sur la question du présentiel enrichie, une réflexion me vient: en fait, je pense qu’il faudrait dire que l’on ne fait pas uniquement de la formation diplômante, mais en plus une véritable formation permanente d’un réseau d’éducateurs qui dure bien au delà de la formation. Au delà de la formation dans l’exploitation réelle des temps d’alternance (et des distances dont parlait J Carpentier), mais surtout au delà de la fin de la formation (obtention du diplôme) avec des outils et des usages de ces outils qui permettent de créer un réseau d’éducateurs ou une communauté de pratiques qui gravite autour des nouvelles promos…
      Donc, l’idée est de faire financer, sur d’autres lignes de crédits, cette animation de réseau (ou formation permanente)… j’avais réussi les deux dernières années au CREPS à avoir un financement de la DRJSCS qui se superposait à la formation diplômante (animation de réseau type blog de communauté + une après midi par mois, ateliers formation débat en accès libre, sur place et retransmis via Elluminate)…
      Donc comme toi je crois beaucoup à cette ouverture de la formation, à nous de faire reconnaître sa dimension bien supérieure à ce qui est appelé présentiel enrichi…

      • Pascal Choteau novembre 25, 2011 à 8:44

        Voilà ce que j’ai trouvé sur mes flux ce matin et qui va dans ton sens (and me too) :

        (…) une réelle divergence sur la manière de considérer les technologies :
        – soit comme un outil pédagogique, moderne, indispensable car dans l’air du temps, mais qui reste un outil, comme le manuel scolaire ou le tableau
        – soit comme l’élément qui transforme radicalement nos manières de travailler, de vivre ensemble, et donc d’apprendre, allant même jusqu’à modifier nos processus cognitifs.

        Cela est aussi valable sur la dimension sociale des apprentissages, considérée par certains au mieux comme un supplément d’âme, au pire comme un gadget, et par d’autres comme l’élément structurant de tout apprentissage. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

        Ces différentes dimensions renvoient aux modèles pédagogiques et épistémologiques, qui, en quelque sorte, et cela a été bien montré par Marcel Lebrun, « subsistent » aux technologies. En résumé, on n’est pas que dans un simple continuum, avec plus ou moins de technologie, plus ou moins d’ouverture, on est dans un clivage entre deux modèles de FOAD, l’un étant plutôt une formation « instrumentée » et l’autre une formation « émancipatrice » : dans l’une, vous êtes formé, dans l’autre, vous vous formez ! (…)

        C’est un extrait d’un billet de Frédéric Haeuw après les 9èmes rencontres FFOD (qui se déroulaient à Orléans en même temps que notre stage) : http://www.fffod.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=2448:le-billet-de-frederic-haeuw-apres-les-9emes-rencontres&catid=10:les-rencontres

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