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MOOC des évaluateurs du BPJEPS, accroche trouvée?


Lors de la présentation du projet de MOOC des évaluateurs du BPJEPS piloté par DSC2 à l’occasion du séminaire Environnements Numériques sport, formation et animation de réseaux à l’ENVSN en mars 2017, la retranscription vidéo réalisée par ICAP montre bien quel moment a accroché le public. Je vous propose ici la vidéo de l’intervention et l’analyse que j’en produit en rapport à l’intérêt de la salle:

Voici la vidéo de la présentation du projet:

Suite à un extrait vidéo présentant un regard croisé d’évaluateurs entre 12″ et 13″, les collègues présents dans la salle ont posé plusieurs questions et un débat a été amorcé (lien direct). L’exemple dans la vidéo montre la difficulté de porter un jugement lorsque les items de la grille de certification semble remplis alors que la cohérence du tout crée le doute.

Interroger la question de l’évaluation à partir d’un exemple concret faisant débat pour les évaluateurs me semble donc une accroche intéressante pour la construction du MOOC pour la formation des évaluateurs. Bien sûr, les éléments de base sur les règles pragmatiques et la déontologie dans l’acte d’évaluation devront figurer dans cette formation, mais des études de cas comme celle amorcée dans cette vidéo permettront de susciter l’intérêt et surtout je l’espère de provoquer la réflexion des évaluateurs sur leur propre rôle d’évaluateur.

Voici une analyse possible du cas présenté dans la vidéo, qui ferait suite à la discussion sur le forum après le premier visionnage :

Comment utiliser le référentiel de certification du BPJEPS et la compétence de conduite de projet:

Je propose de m’attarder maintenant sur la conduite de projet, et l’évolution proposé à mon sens par le référentiel de 2016:

Dans le BPJEPS de 2001:

OI 3.3 : EC d’élaborer un plan d’action

OI 3.3.1 : EC d’organiser le déroulement général du projet,

OI 3.3.2 : EC de planifier les étapes de réalisation,

OI 3.3.3 : EC de vérifier la disponibilité des moyens nécessaires à la conduite du projet,

OI 3.3.4 : EC de prévoir des solutions de remplacement,

OI 3.3.5 : EC de préparer la promotion du projet.

Et maintenant en 2016:

OI 2-2 Conduire un projet d’animation

2-2-1 Planifier les étapes de réalisation

2-2-2 Animer une équipe dans le cadre du projet

2-2-3 Procéder aux régulations nécessaires

J’ai de nombreuses fois constaté lors des jurys que j’ai organisés, en tant que responsable pédagogique d’un BPJEPS au CREPS de Bordeaux puis en tant que conseiller formation référent de plusieurs BPJEPS pour l’Aquitaine et maintenant la Nouvelle-Aquitaine, une tendance des évaluateurs à commettre ce type de paralogisme :

  • Pour être compétent dans la conduite de projet, il faut prévoir un déroulement, des étapes de réalisation, vérifier la disponibilité de ressources et prévoir une situation de repli

  • Le candidat a présenté lors de l’évaluation un déroulement, des étapes de réalisation, une disponibilité de ressources et une situation de repli

  • Le candidat est donc compétent pour conduire un projet.

Je repère ici un paralogisme formel qui produit un raisonnement invalide. Effectivement en vertu de sa seule forme, le raisonnement ne garantit pas la préservation de la vérité des prémisses. Ce cas précis est dû à une affirmation du conséquent.

L’exemple proposé par Normand Baillargeon1 pour expliquer cette situation :

  • Si P, alors Q

  • Or Q

  • Donc P

Un exemple simple:

  • S’il pleut, le trottoir est mouillé

  • Le trottoir est mouillé

  • Donc il pleut

On sait bien qu’il peut y avoir un grand nombre d’autres explications au fait que le trottoir soit mouillé. Le fait qu’il le soit ne garantit donc pas qu’il pleuve2.

Dans le cas que j’ai présenté, l’existence des éléments cités ne garantissent pas une utilisation à bon escient qui seule pourrait garantir la compétence.

Effectivement, lorsque je questionnais les évaluateurs après coup, ceux-ci faisaient part de leur scepticisme face à la compétence du candidat, leur réponse était la suivante : “Nous avons coché acquis pour l’ensemble des items car le candidat a présenté l’ensemble des éléments demandés, mais le projet ne nous semble pas viable ou encore pas pertinent avec le métier d’éducateur sportif visé par le BPJEPS en question”.

La deuxième explication vient, pour moi, de ce listing des compétences présenté sans combinatoire, car de trop nombreux items à évaluer parasitent la notion de pertinence (même si la version de 2016 me semble plus claire). Elle est celle proposé par les évaluateurs de la vidéo présentée, la check list est complétée mais l’avion ne décolle pas, que j’ai paraphrasé en disant, j’ai tous les ingrédients pour faire la mayonnaise, mais ça ne prends pas!

Pour les esprits mathématiques on pourrait écrire : C≠∑i, mais C=P(i) ; La Compétence globale n’est pas la somme (∑) de la validation des items (ou objectifs de second rang) mais la combinatoire ou Pertinence de réalisation de l’ensemble des items.

1 Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle, ed Luxediteur, collection Instinct de Liberté, 2006

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