Une créativité émergente et après ?


Ce confinement lié aux mesures sanitaires pour lutter contre la propagation du Covid-19, lorsque l’on ne se retrouve point dans une angoisse paralysante, semble propice à la créativité. Dans ce témoignage, je m’intéresse ici à l’observation d’une créativité décuplée dans le domaine de la formation professionnelle, et, à mon humble niveau, à une analyse et une réflexion sur des pistes pour que cet élan génère de nouvelles pratiques une fois le dé-confinement venu (que l’on espère tous!).

Voici ici une retranscription (pas tout à fait le verbatim) de ce que j’expose dans cette vidéo :Une fois le flot des annulations passé, une grande vague de création a très vite succédé, forcément sur les réseaux sociaux, moyen principal d’interaction quand nous sommes tous confinés chez nous.

Des formateurs, des stagiaires, des personnes se mettant elles même en position d’apprentissage inventent de nouveaux modes de relation pédagogique, redoublent de créativité dans leurs productions et dans des modalités d’interactions dans une situation qui aurait justement pu les réduire à la portion congrue.

Au lieu de réclamer des recettes toutes faites, de nombreuses personnes fabriquent leur propre matériau pédagogique, redonnant aux outils du web une vraie valeur coopérative quant on les a très souvent utilisés plutôt pour consommer des tonnes d’informations.

Je vous propose d’illustrer mes propos à travers trois exemples, le premier sur ma propre formation personnelle, le deuxième, un témoignage d’une formatrice responsable de diplômes d’état Jeunesse et Sports et enfin un troisième sur mon métier actuel, la formation des agents de mon périmètre ministériel.

Concernant le premier exemple, je voyais des dizaines ou centaines de fois passer sur les réseaux qu’il y avait une nouvelle norme qualité, Qualiopi pour les organismes de formation… Je n’ai jamais aussi facilement compris ce qu’était une démarche qualité comme Qualiopi qu’en suivant les vidéos pas à pas d’Adeline Vidal produites spécifiquement pour partager son expérience pendant cette situation de confinement.

Le deuxième exemple consiste en un témoignage émouvant d’une formatrice responsable d’un diplôme d’état, un BPJEPS, je la cite :

« Je veux te remercier pour tes conseils « On va Fouader » qui nous ont permis d’organiser en urgence les modalités et les contenus de notre formation à distance.
Tes tutoriels et tes outils généreusement partagés m’ont « secouée » et donné les moyens d’une exigence pédagogique accrue au lieu du pis allé mis en place le lendemain du confinement. L’outil reste rudimentaire (un drive), mais on invente, on cherche, on réfléchi à créer des contenus qui soient de qualité et adaptés au non présentiel.
Un grand merci, donc. Il me faudra encore apprendre pour ne plus avoir à dire « c’était mieux avant », mais c’est avec ton aide que j’ai eu le courage de me retrousser les manches et d’y aller.
Vive l’éducation populaire ! »

Le troisième et dernier exemple concerne la formation tout au long de la vie des agents dont j’ai la responsabilité. Cette période nous a semblé propice lors de mes discussions avec Susana Avila pour adapter sa formation « Coach Facilitateur » dans un format à distance, tout d’abord d’avoir une vraie évaluation à plus long terme sur les bénéfices de la formation dans l’environnement professionnel. Cet aspect est facilité par l’étalement de la formation à distance dans le temps, et donc des allers retours entre formation et situation de travail. Plus que de rétablir un fonctionnement qui aurait du être évident, notre idée est de profiter de cette situation pour mettre en avant le potentiel de cercles d’entraide, dont la constitution semble facilitée dans nos communautés professionnelles par ses modalités de formation avec l’espoir qu’ils puissent plus facilement perdurer au delà du temps de la formation.

Dans ces exemples, l’important repose sur la réinterrogation de la relation pédagogique avec les modalités possibles de notre époque imposées ou choisies ainsi qu’une ouverture de la formation au monde qui l’entoure… la formation n’est utile que dans un écosystème global.

A l’exposé de ces trois exemples, je veux croire, que chacun va se servir d’un type d’expérience vécue pour faire évoluer sa perception de faire, que cette forme d’arrêt forcé permettra que les effets d’un boom de la créativité persiste après la reprise. Que cette expérience serve la construction d’une expérience partagée favorisant une société plus solidaire, comme le disait la formatrice que je citais, une vraie éducation populaire… soyons persévérant dès maintenant pour créer l’après… l’idée aussi est de ne pas rester focalisé sur son propre domaine d’expertise et bien de replacer les avancées possible dans un écosystème global, une vraie écologie de nos process professionnels.

Je finirai cet article en remerciant l’équipe de ma propre communauté (RNSPF), Olivier Lerouge, Fredéric Imbert, Albin Sirven, Marion Zacharie et Denis Clet, car sans cette communauté déjà structurée par des années de travail inlassable, nous n’aurions pas pu faciliter cette continuité pédagogique dans nos réseaux, former et accompagner plus d’une centaine de collègues en à peine trois semaines et ce dès le début de la première semaine de confinement…

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